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Je ne suis jamais allé à l’école

Voici un homme qui met à mal un certain nombre d’idées reçues qui méritent qu’on s’y arrête quelques instants. :)

André Stern est père de famille, il est musicien, luthier, auteur, conférencier et à l’origine de plusieurs associations et mouvements relatifs à l’apprentissage de la vie. Cet enfant de 42 ans, comme il aime à s’appeler, n’est jamais allé à l’école. Ses parents n’ont pas non plus appliqué une éducation alternative à la maison. André Stern n’a simplement pas été éduqué en soi. Il a eu une enfance heureuse, des parents aimants, qui n’avaient d’ailleurs rien contre l’école, ayant été eux-mêmes de brillants élèves. « Mes parents étaient mû par une curiosité toute simple : l’enfant venant au monde avec ce trésor, cette capacité native à l’enthousiasme et à la curiosité, quelle est l’étape suivante dans le processus naturel de son développement ? »

C’est le jeu qui a élevé André Stern et il partage dans cet interview son expérience atypique.

« Lorsqu’on laisse un enfant tranquille, la première chose qu’il fait, c’est jouer. Et si on ne l’interrompait jamais, il jouerait toujours. […] La neurobiologie nous apprend que nous venons au monde avec le plus génial, le plus idéal, le plus adapté des dispositifs d’apprentissage : le jeu. Le jeu est ce qu’il y a de mieux pour apprendre. C’est surprenant, mais on en a la preuve maintenant. C’est le vecteur d’apprentissage par excellence. […] Ce qui m’étonne c’est que personne n’ait tenté cette expérience toute simple et originale qui serait de laisser jouer un enfant toute sa vie. J’ai joué pendant 42 ans. »

« On s’est rendu compte très récemment que la zone dans le cerveau qui est responsable du mouvement du pouce est surdéveloppé chez les jeunes de nos jours. Cela proviendrait de l’usage intensif du SMS. On s’est donc dit que le cerveau peut se développer selon l’usage qu’on en fait, tel un muscle. Malheureusement cela n’est pas aussi simple. Pourquoi ce qui marche pour les SMS ne marche pas pour les mathématiques ou le français ? C’est là qu’on a fait cette découverte majeure qui deviendra centrale dans le paysage éducatif de demain : notre cerveau se développe là où nous l’utilisons avec enthousiasme. »

Mais comment envisager un avenir heureux, un métier, une place dans la société ?

« Mon métier est-il une activité avec laquelle je gagne ma vie, ou ce qui continue à m’enthousiasmer et que j’exerce professionnellement ? […] La compétence et la réussite sont les effets secondaires logiques de l’enthousiasme. »

« L’enfant grandit avec l’espoir que trois choses se répéterons : le lien social, l’autonomie, le désir d’apprendre […] Je suis sûr que le bonheur c’est de pouvoir rester le plus possible proche de cette disposition spontanée, sachant que nous venons au monde conçus pour nous enthousiasmer, pour apprendre, pour faire des rencontres sans aucun préjugé. Plus longtemps nous restons en connexion avec cela, moins nous déconnectons les choses, moins nous les séparons les unes des autres, plus nous nous approchons d’un état qui ressemble au bonheur. »

Finalement, est-ce aux adultes d’apprendre aux enfants à être heureux, ou l’inverse ? André Stern nous confie à propos de son fils : « Je ne vais pas faire le bonheur de mon enfant, mais je vais tâcher de ne pas l’interrompre. » Ne tardons plus, reconnectons avec cette enfant joueur, enthousiaste et émerveillé qui sommeille en chacun de nous ! 😉

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